Interview de Christophe Le Mével (Française des Jeux) (4/7/2009)
Interview de Christophe Le Mével (Française des Jeux) : "je me sens au maximum de mes possibilités et j'ai la volonté de réussir quelque chose."
© Vélo 101 Ce sera peut être l'année de Christophe Le Mével. A l'approche de ses 29 ans, cet excellent coureur breton, passé par les rangs du Crédit Agricole Espoirs, avant d'aborder en 2002 sa première année au sein du groupe de Roger Legeay et Serge Beucherie, se révèle avoir été un bon recrutement par la Française des Jeux des frères Madiot. Alors oui, à la veille du départ de son 4ème Tour de France, le Breton a en tête de justifier sa sélection et de rapporter quelque chose à la maison au soir du 26 juillet. Un objectif en tous points conforme avec la stratégie développée en principauté par ses dirigeants qui souhaitent conquérir assez rapidement une victoire d'étape pour ne pas subir trois semaines durant la pression du résultat. En somme un "bis repetita" déjà vécu en 2003 avec la victoire de Bradley McGee lors du prologue.
Christophe, vous donnez l'impression d'avoir pris du volume et en même temps de la confiance, à quoi l'attribuez-vous ?
"Au fruit d'un gros travail qui fait que je ne suis pas surpris par les résultats. J'avais conscience de posséder des qualités, et maintenant j'ai l'impression de mieux les exploiter. Tout cela fait que j'ai envie de les convertir au maximum pour pouvoir encore mieux progresser."
Quelle analyse faites-vous de votre performance sur l'avant-dernière étape du Dauphiné où vous avez été l'un des derniers de l'échappée matinale à rendre les armes sur le col de la Madeleine ?
"J'éprouvais de bonnes sensations depuis plusieurs étapes et j'ai ressenti une grande envie d'essayer à fond ce jour-là. D'un autre côté c'est sûr que je relativisais les chances de réussite de la victoire d'étape, compte tenu des difficultés qui étaient au programme. Cela dit j'ai l'impression d'avoir pas trop mal tenu la distance et m'être prouvé quelque chose sur cette étape-là."
N'y a-t-il pas aussi une plus grande liberté d'action pour vous au sein de la formation de Marc Madiot ?
"Il est vrai qu'au sein du Crédit Agricole j'étais compartimenté dans un rôle d'équipier qui empêchait en contrepartie d'exploiter au maximum mes capacités en montagne. Là, cette année, j'ai changé de rôle. On m'accorde un peu plus de confiance, ce qui fait que je m'exprime plus correctement. En plus je n'ai pas hésité à quitter la Bretagne pour résider au pied des montagnes et m'aguerrir sur un terrain qui m'attire de plus en plus. C'est un tout qui fait que mon niveau a augmenté. En plus de cela, je suis un peu plus tranquille dans l'équipe."
Vous n'êtes pas rebuté par l'environnement bétonné de la Côte d'Azur ?
"Je me trouve au pied des cols à cinq kilomètres de mon domicile et en plus hors de la circulation. Je trouve cela très appréciable. Quand on sait que les conditions climatiques sont quand même très clémentes en période hivernale, je n'y vois que du bénéfice."
Vous n'avez pas été particulièrement épargné par les pépins physiques dans votre carrière...
"C'est sûr que c'est une des raisons aussi pour laquelle j'ai eu du mal à exprimer ces années passées mes possibilités. J'ai tiré un trait sur ces années noires et je regarde vers l'avenir et déjà celui sous mes nouvelles couleurs de la Française des Jeux."
Pourtant vous courez toujours après votre seconde victoire chez les pros après celle de mai 2005 à Varazze sur le Giro...
"Quatre ans et cela a passé. J'espère tant faire la même chose sur le Tour. Avec la confiance au rendez-vous, cela me semble dans mes possibilités. La chance pourrait me sourire."
La sélection pour le Tour n'était pas garantie lors de votre recrutement par Marc Madiot ?
"C'est vrai qu'il a fallu la chercher. Un véritable challenge et aussi la volonté de réussir quelque chose alors que je me sens au maximum de mes possibilités."
Vous allez tout donner pour essayer de chercher la victoire d'étape sur le Tour, ce qui donnerait une autre dimension à votre carrière ?
"Les ambitions ont changé. Cette année j'espère pouvoir essayer de gagner une étape et faire le général, pourquoi pas, aux côtés de Sandy Casar, qui vise un peu le même objectif. Le fait d'être deux à pouvoir jouer dans le même registre, c'est-à-dire dans la haute montagne, va faire qu'on va s'entraider et faire le maximum."
Vous n'êtes pas passé loin en 2006 et 2008 lors de vos deux échappées au long cours...
"Parfois ça se joue sur un petit rien et puis on en ressort avec une grande déception. Il faut passer par là avec des corrections de système de course pour inverser la tendance, on va dire."
Des enseignements utiles pour modifier votre tactique de course à l'approche de l'arrivée ?
"Tout à fait. Cela dit c'est sûrement dans les étapes de montagne que j'aurai le mieux la possibilité de m'exprimer."
Avant Monaco, il y a eu Saint-Brieuc sur des routes que vous connaissiez particulièrement bien, et cela n'a pas souri pour vos couleurs...
"Nous n'avons pas été loin de réussir. Le staff n'a pas vu cela comme un non résultat. Dans l'ensemble, le groupe s'est bien comporté à peu de jours du départ du Tour."
Connaissant la proximité de Mendrisio, théâtre des prochains Mondiaux, avec le domicile d'origine de votre belle-famille, vous allez peut-être tout donner pour y recueillir la sélection ?
"C'est un objectif. Quelque chose qui arrivera de plus en plus à l'esprit à l'issue du Tour. Pour l'instant c'est tout pour la victoire d'étape et une bonne performance au général sur cette épreuve qui me tient à c½ur."